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Pratiquer
le Qi Gong du vol de la Grue
Pour préserver ce capital le mieux possible, il faut en prendre soin, l'entretenir, le protéger des énergies perverses en renforçant notre énergie défensive, Wei Qi, par différentes méthodes, parmi lesquelles le Qi Gong. Nos énergies, comme celles de la nature sont influencées par les cinq éléments et par le principe du Yin et du Yang toujours en mouvance, comme le féminin et le masculin, l’ombre et la lumière, le jour et la nuit…etc. Ils sont à la fois contradictoires et complémentaires : l’un n’existe que par rapport à l’autre. Avant de commencer un exercice de Qi Gong, il faut vider l’esprit des pensées parasites, être DANS ce que nous faisons. C’est pourquoi tout exercice de Qi Gong débute par une préparation pour calmer le cœur et l’esprit, en fermant les yeux, afin de calmer la respiration qui est le lien entre l’intérieur et l’extérieur et permet l’échange entre les deux. Nous prenons conscience que le calme est venu et que l’énergie commence à circuler lorsque nous sentons monter la salive dans la bouche: la pompe interne de notre corps est amorcée. Grâce à la visualisation, nous concentrons peu à peu notre attention sur une seule pensée qui efface les 10.000 autres. Pendant l’exercice, la pensée se pose soit sur une image, les souvenirs d’un lieu, soit sur un organe, ou sur la boule d’énergie qui circule dans les méridiens, elle le fait de manière souple, sans rigidité ; si une pensée parasite passe, on en prend conscience et on la laisse passer sans se fixer dessus. Le mouvement doux du corps permet à l’énergie de circuler dans les méridiens. A la fin de l’exercice, on se sent détendu, calme, comme nettoyé à l’intérieur. Grâce à ce nettoyage intérieur, pratiqué régulièrement, l’être humain retrouve peu à peu l’enfant en lui, non pas l’enfant dépendant de ses parents, mais l’enfant en soi, partie intégrante de la nature, ne se souciant pas de la différence de l’autre ou de la sienne, vivant dans l’instant présent, ne se posant pas de question sur le lendemain. L’homme prend soin de lui-même, s’ouvre aux autres et devient plus réceptif au bonheur simple de la vie, il s’adapte aux rythmes de la nature en la respectant et en vivant en harmonie avec elle : en retrouvant sa nature, il devient un être autonome et responsable. Le Qi Gong, c’est parfois comme un jeu : pas besoin de se prendre au sérieux. Par exemple, au cours de la « quatrième routine » on se prend pour une grue, en prenant la posture, les gestes, la respiration, le caractère. On s’identifie à elle et par ce jeu de mimétisme, l’on renforce en soi les organes correspondants au caractère particulier et à l’élément associé à chacun des animaux car ainsi l’on capte et fait circuler des énergies différentes dans les méridiens. Nous sommes, pendant cet exercice, dans la situation de l'enfant qui observe puis imite ce qu'il voit dans la nature. Etre naturel, vivre l'instant sans se soucier ni du pourquoi ni du demain ni du ridicule. Savoir redevenir l'enfant qui ouvre grand les yeux, les yeux de celui qui a confiance dans la vie, les yeux écarquillés par la curiosité et l’appétit de vivre. Retrouver en nous l'enfant qui découvre ses mains et ses pieds, joue avec l'ombre et la lumière. Retrouver la souplesse de notre enfance, c'est débloquer le corps pour assouplir l'esprit. L’énergie de l'enfant en nous, c'est aussi celle du printemps, du matin, moment du cycle où la végétation commence à s’éveiller et à sortir de terre. Lorsque nous observons avec attention les personnes en train de pratiquer du Qi Gong, nous sommes très surpris de voir combien chacune est différente de l’autre. Il y a des plantes sauvages et des plantes sages, des plantes de rocailles ou de terre de bruyère, des plantes bien enracinées et d’autres comme suspendues au ciel ou accrochées au mur. L’homme est entre ciel et terre, mais certains sont plus tirés vers le ciel, d’autres vers la terre. Nous constatons combien le même exercice peut être reproduit différemment. Nous voyons la différence de l’autre mais également, à travers l’autre, des images différentes de nous-mêmes. S’accepter différent, et accepter d’être vu différemment, c’est accepter la différence ; apprendre à se connaître à travers l’autre, c’est apprendre à connaître l’autre, comme s’il y avait une partie de nous-mêmes en lui et une partie de lui en nous-mêmes. Reconnaître cette différence entre les uns et les autres et l’accepter, c’est une ébauche de la tolérance. La tolérance fait partie de la voie vers l’autonomie, elle nous permet d’accepter l’autre tel qu’il est, sans être bloqué par l’idée de ce qu’il devrait être. C’est apprendre à vivre ensemble. C’est un échange permanent qui permet de grandir, d’évoluer et de se transformer. Pratiquer le Qi Gong c’est se soigner, prendre soin de soi, de soi à l’intérieur. C’est prendre soin de ses organes, l’extérieur n’étant que le reflet de l’intérieur. En prenant conscience de nos faiblesses, de nos émotions et de leurs conséquences sur notre organisme et en prenant le temps de soigner notre cœur, notre foie ou nos reins, nous évitons d’être malades. Ne pas être malade, c’est pouvoir avancer librement dans la vie. La maladie nous impose parfois un arrêt qui peut être le moment d’une prise de conscience et le début d’un changement de chemin. Il n’est jamais trop tard pour réaliser que nous pouvons vivre mieux et autrement, que nous pouvons évoluer et devenir nous-mêmes, que la vie est mouvement et non enfermement. Prendre conscience d’un mal-être physique, c’est entendre et écouter notre âme - toute maladie étant l’expression physique d’un mal être psychique. Le foie a mal, il ne peut plus assumer ses fonctions, en ne pouvant plus assurer ses fonctions il ralentit le fonctionnement des autres organes, et on tombe malade. La vie à l’intérieur du corps est un peu comme celle d’une famille, si tout le monde va bien, connaît son rôle, tient sa place, la vie suit son cours. Si un membre de la famille se met à crier, les autres sont perturbés, perdent leurs moyens et ne savent plus ce qu’ils doivent faire. Rien ne va plus. Certains crient, d’autres restent immobiles, comme paralysés, en attendant que la crise passe, mais tout le monde se fatigue, la communication ne passe plus et c’est le chaos total, la maladie. Dès que celui qui souffre et crie se calme, la vie reprend, on ose à nouveau se parler, bouger, jouer, redécouvrir les petits bonheurs et l’ordre naturel revient. Les maladies sont comme des barrages du cours de la vie. Il suffit d’ouvrir le barrage pour que le flot reparte à nouveau. Il en est de même à l’intérieur de notre corps, quand un organe malade est soigné puis va mieux, l’énergie circule et l’être retrouve le sens de sa vie. Le Qi Gong, qui est un travail sur nous-mêmes, nous permet de prendre conscience de nos émotions et de les gérer en recréant régulièrement le calme à l’intérieur de nous-mêmes. C’est l’image de la plante qui se redresse après la tempête et la sécheresse et qui retrouve vie dès que le calme revient et que le soleil brille. Nos sens, par la pratique du Qi Gong, se régénèrent et deviennent source de joies nouvelles. Le Qi Gong, en laissant l’énergie circuler en nous, permet à nos sens de revivre, nouvel odorat, nouveau regard, nouvelles sensations. Nous redécouvrons le bonheur simple des sens, nous le recherchons. Sur le chemin de cette recherche, nous sommes attentifs et réceptifs, nous apprenons aussi que rien n’est définitif, que rien ne dure. La partie de nous-mêmes que nous pensions morte n’était qu’endormie, anesthésiée ou simplement oubliée et peut se réveiller avec une énergie nouvelle, renforcée et différente. Si nous ne sommes pas vigilants, elle peut aussi à nouveau se rendormir ou mourir. Soudain, nous découvrons la fleur ou l’arbuste à côté duquel nous sommes passés si souvent sans le voir et nous en découvrons la beauté, nous en sommes heureux. Nouveau bonheur. Le bonheur est en nous, dans ce plaisir de l’instant, de la beauté éphémère de la fleur, du fruit qui mûrit, du chant de l’oiseau que nous n’entendions plus, c’est la liberté retrouvée. Le Qi Gong nous apporte cela. C’est un langage, une nouvelle communication, un autre regard, une nouvelle attention à l’autre, attention – compréhension. Grâce à cette réceptivité nouvelle, cette sensibilité mieux gérée, le Qi Gong permet de s’ouvrir aux autres, de faire de la place pour laisser venir à soi. Laisser venir quoi ? Ce qui viendra et ce sera ce que nous attendions, comme lorsque nous pensons à une personne et que juste à ce moment-là elle sonne à votre porte. Ceci viendra, remplira l’espace que nous avons créé, se transformera et disparaîtra pour faire une place nouvelle pour autre chose. Il est important de s’ouvrir, mais aussi de partager et donner ce que nous avons reçu, pour faire de la place à de nouvelles découvertes. Faire le vide pour faire le plein. Chaque instant est différent, passager, tout est mouvement pour une évolution. Certains moments nous semblent meilleurs que d’autres, il est bon de les saisir puis de les laisser passer sans être affecté. Ils sont tous liés et relatifs, ils n’existent, ne sont bons ou mauvais que les uns par rapport aux autres. La vie n’est qu’une suite de hauts et de bas, de positif et de négatif, comme il y a des étés et des hivers. Les saisons se suivent, reviennent, toujours les mêmes et toujours différentes. Il est en effet important de se garder en bonne santé pour traverser les différentes périodes de la vie et avancer sereinement vers la vieillesse, comme l’été va vers l’automne et l’automne vers l’hiver. Les rythmes de la vie sont inéluctables, chaque jour a ses heures, chaque année ses saisons, chaque vie ses cycles. Chaque heure, chaque saison, chaque cycle a sa raison d’être, nous apprenons à les connaître et en découvrir l’énergie qui leur correspond. Nous ne savons pas ce que sera la saison prochaine. Nous connaissons l’ordre des saisons, nous fêtons même parfois leur arrivée. Nous pouvons apprendre des autres, des anciens, nous pouvons acquérir des techniques récentes ou millénaires, les utiliser pour nous préparer, mais rien n’est fixe, rien n’est définitif, il faut s’adapter à chaque instant. Ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas pour l’autre, ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera plus demain. Lorsqu’on pratique par exemple la méditation du Lotus, on visualise l’environnement de la plante, le milieu dans lequel elle vit et les différentes phases de son évolution, tout au long des saisons : en bouton, puis s’ouvrant peu à peu dès les prémices du printemps, se dressant épanoui vers le soleil, accueillant la pluie et les orages d’été, puis doucement, se fanant, se repliant et se refermant. C’est l’hiver. Nous-mêmes nous replions comme le fœtus et nous imaginons être dans le ventre de notre mère. Ceci symbolise à la fois la fin d’une saison où nous avons besoin de nous intérioriser pour reprendre des forces et également la croissance de l’homme, analogue à celle de la plante qui meurt pour renaître. |
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