Philosophie Zen et principes du Shiatsu 

Bien des aspects de la culture japonaise ont été influencés par le Zen: les jardins japonais, la cérémonie du thé, la calligraphie... dans le shiatsu comme dans le zen, nous avons affaire à quelque chose qui ne peut être expliqué rationnellement mais qui doit être senti par l'être vivant. 

Le shiatsu s'adresse à la totalité de l'individu, et met en pratique la pensée orientale. On pourrait le résumer par une image classique que je trouve très  explicite: Il s'agit du tir à l'arc traditionnel japonais ou Kyodo, dans lequel le précepte numéro 1 présente la cible comme un incident de parcours sur la trajectoire de la flèche. Elle sera toujours atteinte de façon parfaite si le tireur a un esprit vide, s'il respecte, sans y penser, toute la technique du tir et si, au moment du lâcher de la flèche, il ne pense pas à la cible ni à la sanction plus ou moins gratifiante qu'elle peut représenter. 

Le praticien en shiatsu est un tireur dont l'arc est le patient. L'énergie est la flèche et son rééquilibrage la cible. Si la technique du shiatsu est respectée et pratiquée sans intention, la flèche de l'énergie atteindra toujours son but.

L'esprit ne doit pas être focalisé sur le but à atteindre. Il doit rester pur et non obnubilé par un désir de résultat immédiat. Le sentiment du praticien envers le patient doit être un sentiment de générosité. Selon Namikoshi, l'âme du shiatsu est semblable à l'affection maternelle; la pression des mains fait jaillir la vie.

Cette générosité est en fait une capacité d'écoute du corps de l'autre, de ses tensions et de ses déséquilibres, sans qu'apparaisse à aucun moment une tentation d'analyse ou un jugement de valeur. 

Respecter son intégrité et donc se respecter soi-même. Cette philosophie nous enseigne que nous représentons la somme d'un composé de trois aspects fondamentaux : mental, physique et émotionnel.  Le shiatsu en permet l'harmonisation en équilibrant les liens qui les unissent.

Les méridiens sont les passages par lesquels le "Ki" (l'énergie) circule dans Planche chinoise du  XIXe siécle représentant le trajet d'un méridien d'acupuncture. *** Cliquez sur l'image pour visualiser les méridiens de Masunaga.*** tout l'organisme. Ces méridiens sont les liens entre l'extérieur et l'intérieur du corps. On en compte 14 et ils sont presque tous en relation directe avec un organe essentiel de l'organisme. Chaque méridien gère plusieurs aspects et dimensions de l'individu. 

Leur bon fonctionnement est essentiel, car lorsque l'énergie ne circule pas convenablement, des symptômes multiples, autant physiques que psychiques peuvent se manifester, indiquant ainsi que l'équilibre est rompu. Le shiatsu vise donc à rééquilibrer le mouvement du Ki dans les méridiens, afin de permettre à l'organisme de puiser en lui-même les ressources nécessaires à son rétablissement.  

Pratiquer cet art est aussi bénéfique pour le donneur que pour le receveur. En effet, pour le praticien qui le désire, la pratique du shiatsu peut devenir un mode de méditation réciproque. Les deux personnes sont au même niveau, exprimant ainsi une relation humaine vraie et égale.

Le shiatsu pratiqué ainsi reflète alors l'influence considérable de la pratique du zen sur l'art du shiatsu au Japon. L'ici et maintenant si précieux à l'esprit japonais trouve aussi écho dans cet art.